Jeudi 18 juin 2009 4 18 /06 /Juin /2009 14:41

Si les excellents "Coraline" d'Henry Selick (L'étrange Noël de M.Jack) et "Mary and Max" de l'australien Adam Elliot se sont partagés le Cristal du long métrage, le festival international du film d'animation d'Annecy a aussi mis à l'honneur des productions et co-productions françaises.

"Brendan et le secret de Kells", une coproduction franco-belgo-irlandaise a été récompensé par le Prix du public. Le Prix Jean-Luc Xiberras du premier court-métrage a été remis à "L'Homme à la Gordoni" du français Jean-Christophe Lie qui a aussi reçu le Prix du Jury junior - court-métrage.

Le prix spécial pour une série télé a récompensé "Pat et Stan - le grand bain" de Pierre Coffin et Marco Allard. Pour ce qui est des films de fin d'études, le Prix du meilleur film a été remis à une production française de Carlo Vogele "For Sock's sake" et le prix spécial du jury a "Ex-E.T." de Benoît Bargeton, Yannick Lasfas, Rémy Froment et Nicolas Garcia.

Le Prix Canal+ "aide à la création pour un court-métrage va à "Madagascar, carnet de voyage" de Bastien Dubois.

Une édition encore très réussie et marquée par l'avant-première décoiffante des "Lascars" d'Albert Pereira-Lazaro et Emmanuel Klotz et par la conférence de presse de Patrice Leconte qui fera ses débuts dans l'animation en adaptant le roman de Jean Teulé "Le magasin des suicides".

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Lundi 25 mai 2009 1 25 /05 /Mai /2009 15:09

Après cette quinzaine particulièrement riche, retour sur les Français présents à Cannes cette année.


Une confirmation :


Jacques Audiard est le plus talentueux des réalisateurs français actuels. A chaque film (trop rares), il séduit par la justesse de son propos, de sa caméra et par le feu qu'il semble transmettre à ses comédiens. Un prophète est un film magnifique, sobre, juste. Tahar Rahim et Niels Arestrup sont exceptionnels.

Isabelle, la toute puissante, lui a préfére Haeneke pour la Palme d'or. Une deuxième palme française aurait peut-être été maladroite (avec déjà quatre films en comptétition officielle).

Une révélation :

On s'arrache de plus en plus nos actrices !
Charlotte Gainsbourg ose tout et ça lui réussit. Dans "Antichrist", elle s'est livrée corps et âmes à Lars Von Trier que l'on a taxé çà et là de mysoginie alors que c'est sous sa direction qu'Emily Watson, Bjork, ou encore Nicole Kidman et Bryce Dallas Howard ont atteint le sommet de leur art.
Mélanie Laurent tient ses promesses chez Tarantino, et Laetitia Casta est mise à l'honneur dans "Visages" de Tsai Ming-Liang.

Un hommage :

Alain Resnais, Prix spécial de ce 62ème Festival. Il n'a plus rien à prouver et s'adonne à la fantaisie de la meilleure façon.

Un regret :

"Là-haut" en grandes pompes pour l'ouverture, c'est bien. Mais "Les lascars" en scéance spéciale de la Semaine de la Critique, c'est un peu dommage. A quand un film d'animation français en ouverture !
"Les lascars" sortent en salles le 17 juin.

Une surprise :

Les teen movies à la française, c'est possible ! Merci à Riad Sattouf qui vient de la BD pour cette grande réussite qu'est son premier film "Les Beaux gosses" en salles le 10 juin.

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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /Avr /2009 09:37



Quatre films français en compétition, une présidente du jury française, de nombreux acteurs français dans les films sélectionnés. Après une palme d'or française en 2008, la France est à l'honneur au 62ème Festival de Cannes. Revue de détails.


Isabelle Huppert, présidente du jury annoncée depuis le début de l'année, était déjà en soi une bonne nouvelle. Le 23 avril, les instances du plus grand festival de cinéma du monde ont levé le voile sur leur 62ème sélection dans laquelle l'Asie et l'Europe sont clairement mis en avant. 
Seulement deux films américains en compétition ("Inglorious Basterds" de Tarantino et "Taking Woodstock" d'Ang Lee), cela ne s'était pas vu depuis longtemps !

La France semble réellement mise à l'honneur, même si cela n'est pas un choix délibéré quand on sait le point d'honneur que mettent les organisateurs du festival à ne privilégier que le cinéma (lire à ce sujet le livre que vient de sortir Gilles Jacob "La vie passera comme un rêve" édité par Robert Laffont, qui est une mine d'anecdotes et, qui plus est, magnifiquement écrit et très émouvant).


Quatre films français sont en compétition officielle :

 

Un prophète de Jacques Audiard

Avec Niels Arestrup, Tahar Rahim, Gilles Cohen

 

Basé sur un scénario original de Abdel Raouf, le film d’Audiard raconte l’histoire d’un jeune homme, Malik El Djebana, 19 ans, condamné à 6 ans de prison et qui va gagner la confiance du leader corse de l’endroit.

 

On attend le meilleur de ce film, surtout quand on a adoré tous les films de Jacques Audiard et les scénarii d’Abdel Raouf Dafri notamment la série de Canal+ « La Commune » (qui n’aura malheureusement connu qu’une saison) et le « Mesrine » de Richet.

 

A l’origine de Xavier Giannoli

Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu, Vincent Rottiers

 

Après le moyen « Quand j’étais chanteur », Giannoli se penche sur la duperie d’un petit escroc qui réussit à se faire passer pour le responsable de la construction d'un tronçon d'autoroute, mentant à toute une région, engageant une dizaine d'ouvriers, avant de rencontrer une femme, maire d'une petite ville que traverse sa route.

 

François Cluzet et Emmanuelle Devos, on part avec un a priori positif, d’autant que Cluzet est souvent génial et touchant en escroc à deux balles (« Les Liens du sang » de Maillot).

 

Soudain le Vide (Enter the void) de Gaspard Noé

Avec Nathaniel Brown, Paz de la Huerta, Cyril Roy

 

Après le scandale provoqué à Cannes par son dernier film (et chef d’œuvre) « Irreversible », Gaspard Noé revient avec son film « japonais ».

Voici le résumé qu’en donne le site officiel du film :

 

Oscar et sa soeur Linda habitent depuis peu à Tokyo. Oscar survit de petits deals de drogue alors que Linda est stripteaseuse dans une boite de nuit. Un soir, lors d'une descente de police, Oscar est touché par une balle. Tandis qu'il agonise, son esprit, fidèle à la promesse faite à sa soeur de ne jamais l'abandonner, refuse de quitter le monde des vivants. Son esprit erre alors dans la ville et ses visions deviennent de plus en plus chaotiques et cauchemardesques. Passé, présent et futur se mélangent dans un maelstrom hallucinatoire.

 

 

Les Herbes Folles d’Alain Resnais

Avec Sabine Azéma, André Dussollier, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Mathieu Amalric, Michel Vuillermoz

 

A  près de 87 ans, Alain Resnais est en compétition à Cannes avec ses deux acteurs fétiches auxquels il a agrégé un casting à la Desplechin (Devos, Consigny, Amalric, vus ensemble dans « Un conte de Noël », l’année dernière à Cannes). Précisons que Resnais n’a jamais eu la Palme d’or !!!

 

Voici le pitch du film :

Marguerite n’avait pas prévu qu’on lui volerait son sac à la sortie du magasin. Encore moins que le voleur jetterait le contenu dans un parking. Quant à Georges, s’il avait pu se douter, il ne se serait pas baisser pour le ramasser.

 

 

On peut aussi citer les nombreux acteurs français présents dans des films étrangers, eux aussi en compétition :

Charlotte Gainsbourg dans « Antichrist » de Lars Von Trier

Mélanie Laurent dans « Inglorious Basterds » de Quentin Tarantino

Eric Cantona dans « Looking for Eric » de Ken Loach

Johnny Hallyday et Sylvie Testud dans “Vengeance” de Johnnie To

 

Le nouveau film de Jan Kounen, « Coco Chanel et Igor Stravinsky » sera présenté hors-compétition comme film de clôture.

 

Hors-compétition toujours :

 

L’Armée du Crime de Robert Guédiguian

Ne te retourne pas  de Marina de Van avec Sophie Marceau et Monica Bellucci

Panique au village, un premier film de Stéphane Aubier et Vincent Patar.

Mon voisin, mon tueur d’Anne Aghion

L’épine dans le cœur de Michel Gondry

 

Pour ce qui est de la sélection « Un Certain Regard », trois films français seront présents :

 

Irène d’Alain Cavalier

Demain dès l’aube de Denis Dercourt

Le père de mes enfants de Mia Hansen-Love

 

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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 11:23


Voici la tribune par laquelle le mouvement de contestation du monde du cinéma contre la loi Hadopi s'est initié. Elle constitue un premier pas dans la lutte pour un système plus juste et prenant en compte les intérêts de tous: la bataille commence à peine.

Tenez-vous au courant sur le blog :

pourlecinema.over-blog.fr


Lettre ouverte aux spectateurs citoyens

 

Artistes et producteurs engagés, nous nous sommes dévoués tout au long de notre carrière à la promotion d’un cinéma différent, un cinéma ouvert et exigeant.


Vous avez fait vivre nos œuvres, les portant, les reconnaissant ou les rejetant. Tout au long de notre carrière, nous avons poursuivi la même ambition
: diffuser notre travail et le partager avec vous. Tout au long de notre carrière, mille obstacles se sont présentés à nous, qu’ils aient été techniques, matériels ou économiques.


Aujourd’hui, nous avons la chance de vivre une révolution numérique qui nous permettra, dans un futur très proche, de lever nombre de ces obstacles et d’ouvrir notre cinéma à toutes et à tous.


Aujourd’hui, certains craignent cette révolution et craignent pour leur monopole. La loi Création et Internet répond à une angoisse légitime, que nous partageons
: celle de voir les œuvres dévalorisées et ­dégradées par leur diffusion piratée sur ­Internet.


Pourtant, cette loi, qui prétend se poser en défenseur de la création, ne fait qu’instaurer un mécanisme de sanctions à la constitutionnalité douteuse et au fonctionnement fumeux.


Fruit d’un lobbying massif, fondée sur la présomption de culpabilité, la loi Création et Internet crée l’Hadopi, une haute autorité contrôlée par l’exécutif et qui pourra, sans qu’aucune preuve fiable ne soit apportée et sans qu’aucun recours gracieux ne soit possible, couper durant une durée extensible à l’infini la connexion Internet d’un usager.


Pis, et contrairement à ce qui a été écrit ici et là, aucune disposition législative ne prévoit que cette procédure se substitue aux pour­suites pénales et civiles, faisant de la double peine une réalité envisageable.

Alors que le Parlement européen vient, pour la troisième fois en quelques mois et à la quasi-unanimité, de qualifier l’accès à Internet de droit fondamental, alors qu’aux Etats-Unis le modèle de riposte « graduée » se fissure et que le reste du monde met l’accent sur la poursuite de ceux qui font commerce du piratage, le gouvernement français s’obstine à voir dans les utilisateurs, dans les spectateurs, des enfants immatures à l’origine de tous les maux de l’industrie ­cinématographique.


Démagogique, techniquement inappli­cable, bêtement ignorante des nouveaux procédés de téléchargement et purement répressive, cette loi est aussi un rendez-vous manqué. Ne prévoyant aucune forme de rétribution nouvelle pour les ayants droit, la loi Création et Internet ne s’adresse ni au cinéma dans sa diversité, ni aux spectateurs. Ne constituant qu’une ultime et vaine tentative d’éradiquer le piratage par la sanction, sans se soucier de créer une offre de téléchargement légale, abordable et ouverte sur Internet, elle ne répond à aucun des défis aujourd’hui posés par les nouvelles technologies, alors même qu’une réaction créative et forte de l’industrie cinématographique et des autorités de tutelle dans leur ensemble s’imposait.


Nous ne nous reconnaissons pas dans cette démarche, et appelons à un changement des mentalités. Craindre Internet est une erreur que nous ne nous pouvons plus nous permettre de faire. Il est temps d’accepter et de nous adapter à ce « nouveau monde » où l’accès à la culture perd son caractère discriminatoire et cesser de vouloir en faire une société virtuelle de surveillance où tout un chacun se sentirait traqué.


Que ce soit par un système de licence globale ou par le développement d’une plateforme unifiée de téléchargement des œuvres à prix accessibles et sans DRM, il faut dès aujourd’hui des réponses posi­tives à ce nouveau défi, et se montrer à la hauteur des attentes des spectateurs. L’heure est à la réinvention et à l’émerveillement, et non pas à l’instauration d’un énième dispositif répressif.


Conscients de la nécessité qu’éprouvent les ayants droit, dont nous sommes, à trouver de nouveaux modes de rétribution et d’en finir avec le piratage.

Confrontés à un dispositif essentiellement conservateur, ­liberticide et démagogique qui ne s’attaque à aucun des enjeux réels de la révolution numérique et ignore ­volontairement les intérêts du cinéma d’auteur. Et en réaction aux nombreuses tribunes rédigées par des institutions et des lobbies s’exprimant au nom d’une profession qu’ils ne représentent que partiellement.

Nous, cinéastes, producteurs et acteurs, marquons avec cette adresse notre refus du dispositif Hadopi et de la loi création et Internet.


Nous appelons tous les amoureux du ­cinéma et des libertés, de la création et de la diversité à faire entendre leur voix auprès de leurs représentants afin d’abandonner tant qu’il est encore temps le dispositif Hadopi et de mettre en place un système plus juste, équilibré et prenant en compte les intérêts de tous.

Pour signer la lettre, ou contact presse: brancojuan@gmail.com


Par Chantal Akerman, Christophe Honoré, Jean-Pierre Limosin, Zina Modiano, Gaël Morel, Victoria Abril, Catherine Deneuve, Louis Garrel, Yann Gonzalez, Clotilde Hesme, Chiara Mastroianni, Agathe Berman et Paulo Branco.


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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 10:57

Sortie le 8 avril 2009

Une adaptation belle et sensible du livre éponyme de Pascal Quignard mais parfois énervante et ampoulée. Huppert en roue libre pour le meilleur et pour le pire.

Un film de Benoît Jacquot avec Isabelle Huppert, Jean-Hugues Anglade, Xavier Beauvois

Villa Amalia est le cinquième film d'Isabelle Huppert avec le réalisateur Benoît Jacquot (Les Ailes de la colombe en 1981, L'Ecole de la chair en 1998, Pas de scandale en 1999, La Fausse Suivante en 2000). Et une fois de plus, Benoît Jacquot semble aussi intimidé que nous face à ce monument de mystère qu'est la future présidente du jury de Cannes.

On serait tenter de comprendre qu'on ne dirige pas Isabelle Huppert mais elle est vraiment en roue libre dans ce film qui ne repose que sur elle. C'est parfois captivant, souvent enivrant, et quelquefois chiant. Dans le rôle d'une pianiste trompée par son mari et qui cherche à fuire sa vie "d'avant", la "Huppert" donne le meilleur et le pire d'elle-même : elle est belle, et quand elle est pensive, on y croit. Mais le mystère et la pâmoison sont un peu surjoués et systématiques. A l'image d'un film à la fois sensible, magnifique visuellement mais un peu grand bourgeois et ampoulé.

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